Narratives of change version bêta

Revue d’écriture numérique du changement écologique

La nature montre enfin comment la matérialité de l’environnement résulte de l’interaction permanente entre les éléments non-humains et humains du milieu. Dès les débuts du parc, l’administration use de son monopole de l’autorité scientifique pour déterminer ce qui relève, dans les Cévennes de la nature et de la culture. Il y a d’un côté le patrimoine naturel fait de faune, de flore et de processus biologiques et, d’un autre côté, le patrimoine culturel fait d’architecture, de pratiques et de mémoires. Aux dires des responsables du parc, leur action consiste à prendre en compte le produit fini de cette interaction et à le protéger contre toute dégradation. En revanche, jamais ces derniers n’interrogent le fondement de la « restauration », de la « réintroduction » et du « retour à l’équilibre » du milieu. Ici se lit alors, d’une part, la subjectivité de l’entreprise et, d’autre part, la socialité et l’historicité de l’environnement. Loin d’être fonction d’une gestion écologique raisonnée de l’espace - c'est-à-dire « durable » -, l’environnement cévenol résulte depuis quarante ans d’une gestion étatique raisonnée du territoire national. Aussi, en termes de changement environnemental, l’on comprend que la modification des milieux est moins le fait d’une trame écologique qui nous échapperait que d’une évolution de nos rapports sociaux à l’environnement, c'est-à-dire de nos actions sur les éléments non-humains du milieu et, surtout, de nos perceptions de ces derniers.